Biographie de Pierre Teilhard de Chardin

Onglets principaux

Né le 1er mai 1881 en Auvergne, au château de Sarcenat, Pierre Teilhard de Chardin est lChateau_Sarcenat.jpge quatrième enfant d’une famille catholique de onze enfants.

 

Entré au collège jésuite de Mongré, à Villefranche-sur-Saône en 1892, il obtient un baccalauréat de philosophie en 1897. Il commence alors un parcours religieux en intégrant le noviciat des jésuites d’Aix en Provence en 1899, et il est ordonné prêtre douze ans plus tard, en 1911 à Hastings, dans le Sussex; les jeunes étudiants jésuites ayant dû s'exiler en Angleterre sous la 3ème République. Entre temps, il passe trois années en Egypte de 1905 à 1908 pour accomplir "sa Régence" en enseignant la physique et la chimie.

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En 1912, il rejoint le laboratoire de paléontologie du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, sous la direction du professeur Marcellin Boule, où il fait ses premiers pas de chercheur en paléontologie humaine en travaillant sur des fouilles à Altamira en Espagne.

 

 

 

Tcaporal.jpgMais c’est bientôt la guerre et Teilhard est mobilisé en décembre 1914, comme infirmier - brancardier dans un régiment de tirailleurs marocains. Il refusera d'être aumonier, car il aurait été nommé officier et ne serait pas resté près des hommes, il ne sera donc que caporal . C'est dans ce cadre dramatique de la première guerre mondiale où il va connaître "le baptême dans le réel", que va éclore sa pensée philosophique. Elle s'exprimera dans ses lettres à sa cousine Marguerite Teilhard-Chambon - voir l'ouvrage "Genèse d'une pensée" et son premier essai "La vie cosmique" dans "Les écrits du temps de la guerre", 1916 -.Marguerite_T.jpg
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
De retour à Paris, il reprend des études à la Sorbonne et obtient trois licences de sciences naturelles : géologie, botanique et zoologie. Devenu maître de conférence à l’Institut catholique de Paris, il passe son doctorat en 1922 avec une thèse " Les Mammifères de l’Eocène inférieur français et leurs gisements".
 
1923, marque un tournant dans la vie de Teilhard car c'est son premier contact avec la Chine, où il résidera ensuite plus de vingt ans entre 1926 et 1946. C'est lors de ce premier voyage, pendant un séjour en Mongolie dans le désert des Ordos, en 1923, que Teilhard écrira le texte mystique "La Messe sur le Monde".
 
En 1931, il participe à la fameuse Croisière Jaune Haardt-Citroën. Les années "chinoises" de cet infatigable globe-trotter sont particulièrement riches du point de vue de ses recherches en géologie et en paléontologie. Il étudie l'histoire des Mammifères de la Chine du Nord et collabore étroitement aux fouilles de Choukoutien, où il découvre les preuves que l'Homme de Pékin, le Sinanthrope – un Homo erectus – est faber, c'est-à-dire qu'il pratiquait la taille des pierres et connaissait l'usage du feu.Ce voyage en Chine, sera de plus, le premier d’une longue série qui le mènera en Ethiopie, en Inde, en Birmanie et à Java.
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1936, est marquée par deux épreuves : la mort de sa mère et celle de  sa soeur Marguerite. C'est par elle, qu'il perçut un sens de la souffrance plus intime même que celui éprouvé pendant la guerre. Il écrira pour elle, alors présidente de l'Union des Malades, "l'Energie spirituelle de le Souffrance".
 
En 1937, Teilhard reçut au congrès de Philadelphie, la médaille Mendel en reconnaissance de ses travaux de paléontologie humaine. Puis fonde en 1940, l'Institut de Géobiologie à Pékin qui éditera une revue scientifique très régulièrement. Teilhard revient définitivement en France en 1946. A partir de 1951, Teilhard s'installe à New York, mais il se rend encore plusieurs fois en Afrique du Sud pour participer aux fouilles des gisements d'Australopithèques. Constatant que l'Afrique est le seul continent à présenter une "collection" complète des différents niveaux d'industrie lithique, il émet alors l'hypothèse, confirmée actuellement, d'une origine africaine de l'homme. A son retour d'Afrique, il se rendra aux Etats Unis et y restera définitivement, accueilli dans les bureaux de la Wenner-Gren Foundation, à New-York.
 
C'est là qu'il s'éteindra à l'âge de soixante-quatorze ans, suite à une crise cardiaque, le jour de Pâques, le 10 avril 1955.
 
Si Teilhard a été reconnu internationalement par ses pairs scientifiques qui l'élirent à lteilhardmedaillon.jpg'Académie des Sciences en 1950, il a entretenu toute sa vie avec les autorités religieuses romaines des relations plus conflictuelles. Sa pensée philosophique, alliant science et foi et reposant sur une conception globale de la place de l'Homme dans l'univers, a dérangé et aucun de ses livres, en dehors des publications purement scientifiques, n'a été édités de son vivant. Ils seront tous publiés à titre posthume grâce au travail de sa secrétaire Jeanne MORTIER qui créera La Fondation Pierre Teilhard de Chardin en 1964, Teilhard lui ayant légué par testament tous ses écrits non scientifiques en 1951.Parmi eux, on peut citer "Le Phénomène Humain" (achevé en 1940, paru en 1955), "Le Milieu Divin" (rédigé en 1927, paru en 1957), "L'Energie humaine" (1957), "La place de l'Homme dans la Nature" (1965) et "L'Avenir de l'homme" (1958). La collection entière des oeuvres de Teilhard a été édité par le Seuil en 13 volumes.
 
Extrait de l'ouvrage de Claude CUENOT - "Teilhard de Chardin" - Coll. Écrivains de toujours,
Éd. du Seuil, 1962.
 
Pour en savoir plus on se reportera au "Teilhard de Chardin" d'Edith de la Héronnière, excellent ouvrage paru en 2002. L'ouvrage le plus complet étant celui de Claude Cuénot paru en 1958 (500 pages), mais il existe beaucoup d'autres ouvrages intéressants.