Les infolettres

Quelques informations-Juin 2020

Date de mise à jour: 15/06/2020

Bonjour à tous, 

Le déconfinement est nettement en progrès et les projets semblent pouvoir être remis en place... Nous revenons donc vers vous avec confiance et sérénité pour vous présenter les dernières nouvelles de notre Association, évènements et nouvelles publications. 

Très cordialement.
Le secrétariat 

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ÉVÈNEMENTS

- En partenariat avec les Facultés Jésuites, nous préparons un colloque annuel pour les vendredi 4 (14h/18) et samedi 5 décembre (9h/18h), au Centre Sèvres, à Paris sur le thème de la Noosphère de Teilhard. Nous vous proposerons une réflexion d'actualité sur les liens et les ruptures que génèrent les évènements d'ampleur mondiale qui bousculent notre planète. Nous avons approché des conférenciers comme Michel Camdessus, Chantal Delsol, François Euvé s.j., Elena Lacida, Philippe de Sertine et Catherine de Wenden... cette liste n'étant, bien entendu, ni complète, ni totalement confirmée. 

- Pour les adhérents 2019 de notre Association, nous tiendrons l'AGO-2019le matin du vendredi 4 décembre. Le lieu reste à confirmer à Paris.

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 PUBLICATIONS.  Elles sont en vente sur notre site www.teilhard.fr, à la rubrique boutique. Vous pouvez également les acquérir en adressant à l'Association ce bulletin de commande : cliquer ici

Lettre de Pierre Teilhard de Chardin à sa cousine Marguerite – 10 juillet 1916.

Date de mise à jour: 31/05/2020

[...] Tu n’as aucune raison de t’inquiéter spécialement à mon sujet. Prie seulement plus instamment NS pour qu’Il me fasse bien exactement, durant ces jours, adhérer à sa Volonté, et réaliser ce qui peut Le servir. C’est bon, quand on y pense, d’être le "galet roulé" par l’Océan Divin. Et puis, comme tu me dis l`avoir " vu" plus clairement, tout ce qui se perd, de nous-mêmes, en service commandé, est un gain solide, une part de notre être mise définitivement en sureté. - N’est-ce pas qu’elles sont précieuses et douces, les lumières qui, de temps à autre, nous font voir et vraiment assimiler quelqu`une de ces vérités fondamentales, répétées par toutes les bouches, mais si lentes à pénétrer jusqu’au cœur ? As-tu essayé, quand elles te viennent, de les fixer par écrit ? Petit à petit, se dessine ainsi la physionomie que NS cherche à donner à notre âme. Par le petit effort de la rédaction, la lumière entrevue se précise, se concentre, sous une forme que nous ne saurions peut-être pas lui donner plus tard ; elle amorce des prolongements d’elle-même ; - dans les moments plus sombres, on se raccroche aux paroles où se sont exprimées les pensées de joie et de clarté. - Je me suis toujours trouvé très bien de noter ainsi les étapes, même minimes, de ma vie intérieure. [...]
Bien à toi. Pierre                 (Genèse d'une pensée, Grasset, 1961, p. 136-137)

 

Lettre de Pierre Teilhard de Chardin à Édouard Le Roy – 8 septembre 1926

Date de mise à jour: 21/05/2020

Cher Monsieur et Ami,
[...]
    Pendant huit semaines durant lesquelles j'ai vécu sans sacrements (T. rentre d’une excursion géologique dans le Shensi et le Shansi avec Emile Licent s.j.), je n’ai pas cessé (même aux moments les plus pénibles) de communier avec une sorte de griserie calme, au Sacrement de la Vie animée par Dieu*. Naturellement, je reconnais que cette communion-là suppose l’autre comme son principe : mais elle en est une généralisation nécessaire, un rayonnement normal, dont je me ronge parfois de ne pouvoir pas crier davantage la richesse, et l’efficacité (pour équilibrer l’âme dans l’action). – Vous ai-je dit que je suis de plus en plus frappé par l'impuissance actuelle du christianisme à convertir ? J'ai l’impression que nous faisons la fameuse guerre de tranchées de 1915, ou l’on prétendait «  grignoter », et où, en fait, on piétinait sur place. Il me semble qu’i1 se produit actuellement, entre grands courants religieux, une sorte de convergence (sur les notions fondamentales de divinité, vertu, idéal humain...) ; mais je ne vois pas encore l’annonce de la conversion, c'est-a-dire de ce mouvement spontané, profond, irrésistible, qui a caractérisé, historiquement, toutes les vraies conquêtes spirituel1es. J'en conclus que nous avons réellement besoin d'une « révélation » nouvelle ; et je me demande si cette parousie ne sera pas la découverte que le Christ est (au sens que nous donnons à cette expression) le Monde. – Puisque je constate, avec évidence, que là est mon Messie, comment ne pas supposer que telle est bien l’attente des autres hommes : nous sommes tous pareils, surtout en profondeur. – En attendant, Rome pousse, avec l’activité que vous savez, la création d’une Eglise chinoise. Les missionnaires sont unanimes à lever les bras au ciel, et à déclarer l’entreprise prématurée. Mais quel est, historiquement, le fruit que les hommes ont cueilli mûr ?...

Lettre de Pierre Teilhard de Chardin à Claude Rivière - 14 décembre 1942

Date de mise à jour: 13/05/2020

Claude Rivière, agrégée de lettres, journaliste et directrice de la Radiodiffusion française à Shanghaï, fit la connaissance de Pierre Teilhard de Chardin à Pékin, en 1938. C'est seulement en 1968, donc treize ans après la mort de Teilhard, qu'elle publie En Chine avec Teilhard (1938-1944). Elle se justifie dans l’Avant-propos en écrivant : « Depuis la mort du Père, j’assiste, avec consternation, à la formation d’une légende concernant l’ami que j’ai connu. », et  cherche  à « lui restituer son vrai visage ». Elle nous confie quelques  lettres reçues de lui.  

En cette fin (partielle) de confinement... Lettres de Teilhard - Pèlerin de l’Avenir

Date de mise à jour: 09/05/2020

Octobre 1923, à sa cousine Marguerite Teillard-Chambon, de retour de sa première excursion géologique en Mongolie. 
       [...] Je n’aurai rien vu en Mongolie qui ait éveillé en moi de « l’autre vie ».
       Pèlerin de l’Avenir, je reviens d’un voyage entièrement accompli dans le Passé.  
      Mais est-ce que le passé, vu d’une certaine manière, n’est pas transformable en avenir ? Est-ce-que la conscience plus étendue de ce qui est et de ce qui fut n’est pas la base essentielle de tout progrès spirituel ? Est-ce-que toute ma vie de paléontologue n’est pas soutenue par l’unique espoir de coopérer à une marche en avant ?  […]
     A travers les civilisations qui se déplacent, le Monde ne va pas au hasard ni ne piétine, mais sous l’universelle agitation des êtres, quelque chose se fait, quelque chose de céleste sans doute, mais de temporel d’abord. Rien n’est perdu dès ici-bas pour l’Homme, de la peine de la croissance de l’Univers, je m’inquiétais de n’avoir vu au cours de ce voyage que les traces d’un monde évanoui. Et pourquoi donc cet émoi ?  Le sillage laissé derrière elle par l’humanité en marche nous révèle-t-il moins bien son mouvement que l’écume jaillie, ailleurs, sous l’étrave des peuples ?

Si le confinement vous pèse... les conseils de Pierre Teilhard de Chardin à Ida Treat

Date de mise à jour: 06/05/2020

Du bateau S. S. Tjinegara, le 22 janvier 1936. Teilhard est en route vers la Chine, de retour d’Inde et de Java. Il s'interroge sur le sens de son travail de paléontologie.  
      Ainsi, tout va bien. Je sors de cette expérience nouvelle avec la conviction accrue que nous n’avons rien de mieux à faire dans la vie que de prendre et de suivre les fils qu’elle nous tend. Pas à pas, vers quelque chose que nous ne voyons pas, mais qui est sûrement, là, en avant, comme le Monde existe. 

De Paris, le 19 avril 1948.
     Ne vous tendez pas contre la souffrance. Tâchez de fermer les yeux et de vous abandonner comme à une grande énergie aimante. Cette attitude n’est ni faible ni absurde ; – c’est la seule qui ne puisse pas nous tromper, – à moins que l’être même ne soit en soi une chose contradictoire et stupide, – ce que son existence dément. C’est sans doute encore trop t6t pour vous, pour vous relever : tachez de « dormir »,  dormir de ce sommeil actif de la confiance, qui est celui de la graine, en hiver dans les champs...
Je vous le répète aussi : c’est cela la vraie et grande prière des moments de grande maladie. 

Lettre de Pierre Teilhard de Chardin à Rhoda de Terra, de Paris, le 1er février 1949

Date de mise à jour: 04/05/2020

    [...] Samedi dernier (dans un beau salon particulier, place des Vosges), j'ai donné ma conférence sur La Peur existentielle devant une large assemblée de personnes distinguées, mais assez mélangées : et l'auditoire, semble-t-il, a été beaucoup plus touché que je ne m'y attendais. Evidemment, ma très simple Weltanschauung, aphilosophique, presque expérimentale d'un "Univers convergent" est très séduisante pour un esprit moderne. J'ai dû bien sûr souligner une fois de plus ma croyance dans le fait que le monde serait un échec si quoi que ce soit d'"incommunicable" et de "personnaliste" devait en disparaître ; ce qui veut dire que, selon la structure cosmique, chaque centre aimant et chaque association aimante des centres aimants est irréversible, c'est-à-dire "immortel", tout au moins en ce qui concerne l'amour qu'il contient.
    Vu sous cet angle l'amour est biologiquement et physiquement le principe et la mesure de l'immortalité. Je crois que je vais écrire quelque chose là-dessus au printemps prochain ("Le Cœur de la Matière", vous êtes au courant). J'ai l'impression bizarre de n'avoir jamais été aussi "fragile" de corps (pourtant je me sens très bien), et en même temps si "fort" en esprit, que depuis que j'ai eu ces ennuis de santé, il y a deux ans. Je vous le dis : nous devons nous en remettre à la Vie et à ce qui est derrière la Vie. La plus haute et la plus efficace forme de vie spirituelle est la confiance, - qui n'est rien d'autre qu'un côté différent de l'Amour. [...]

Accomplir l'Homme – Lettres inédites (1926-1952), Grasset, 1968, p. 236-237.
Extrait proposé par Arnaud de Bussac

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Lettre de Pierre Teilhard de Chardin  à Max et Simone Bégouën - Pékin, le 13 décembre 1936

Date de mise à jour: 02/05/2020

[...] Le nouveau sujet qui m’attire en ce moment serait une étude sur la naissance d’une nouvelle morale : « Morale d’équilibre, et morale de mouvement ». Il me semble que la morale « néolithique » du Décalogue sur laquelle nous avons vécu jusqu’ici est toute basée sur le respect mutuel des propriétés (Dieu étant simplement conçu comme le « Propriétaire suprême »). Or maintenant les limites s’effacent entre ce qui appartient matériellement à chacun : chacun y tend à devenir (à un coefficient près) copropriétaire de la Totalité. Un premier résultat de cette transformation est que l’essence de la moralité, au lieu de consister à respecter les droits du voisin, apparaît sous une forme différente : est moral ce qui favorise et assure l’harmonie du Tout humain. Mais du même coup, un autre changement de perspective, plus profond encore, se produit. Le « Tout humain » n’est pas un système statique (une Chine confucéenne) ; il est un organisme croissant. Son équilibre n’est pas celui d’un lac, mais d’un fleuve. Est donc moral, finalement ce qui a une valeur de progrès spirituel. L’usage de l’argent est moral, non point quand on rend à chacun son dû, mais quand on fait travailler « spirituellement » l’argent (fut-ce en y renonçant). Et ainsi des « loisirs ». Et ainsi de la liberté individuelle. Et ainsi des puissances du cœur. Non seulement (ce que tant de gens ne veulent pas voir) il y a en ce moment un mouvement de la morale ; mais nous accédons à une « morale de mouvement ». Et plus encore ajouterais-je, nous commençons à concevoir une « morale de découverte », tendue vers l’exploration et la conquête des compartiments psychologiques inconnus et des combinaisons sociales in-essayées que la « Morale d’équilibre » tendait à laisser soigneusement de l’autre coté du mur. Le Monde moral est certainement plus vaste que le Monde de la matière ; et le siècle qui vient s’occupera à pénétrer cette Terra nova. Le Christianisme serait perdu s’il ne sentait le changement venir, et s’il ne le dirigeait. Qu’en pensez-vous ? [...]
En toute amitié. Teilhard

Hommage aux défunts : La mort pour Pierre Teilhard de Chardin

Date de mise à jour: 27/04/2020

Ces extraits, où Teilhard aborde le thème de la mort avec ses correspondants, ont été rassemblés en hommage aux défunts, si nombreux dans cette période de confinement, et tout particulièrement pour Jean-Jacques HOURTON, animateur du Groupe de lecture de Meudon-Sèvres-Chaville, décédé ce matin.
Prions pour eux, avec Teilhard : 
"O énergie de mon Seigneur, Force irrésistible et vivante, parce que, de nous deux, Vous êtes le plus fort infiniment, c'est à Vous que revient le rôle de me brûler dans l'union qui doit nous fondre ensemble. Donnez-moi donc quelque chose de plus précieux encore que la grâce pour laquelle vous prient tous vos fidèles. Ce n’est pas assez que je meure en communiant. Apprenez-moi à communier en mourant." [ Le Milieu divin, p. 96]

 

Lettre  de Pierre Teilhard de Chardin à Pierre Leroy s.j. - Berkeley, 30 juillet 52

Date de mise à jour: 26/04/2020

Bien cher ami,
[...] En dehors de ma spécialité, j’ai pu [...] visiter les grands cyclotrons de l’Université. [...] j’en ai reçu le choc que j’attendais. En face de ces appareils, on a l’impression de perdre pied dans l’humain. Tout se combine à ce niveau : le laboratoire, l’industrie, la guerre, et même, en quelque façon, la plus haute des philosophies (je veux dire la recherche d’un élément premier ou dernier des choses). Et que dire de l’énormité et de la complexité des techniques et des calculs ramassés dans ces machines, – et aussi de la population d’ingénieurs et de physiciens constamment tendus dans l’effort requis pour contrôler les monstres… Une autre humanité qui naît, par la force naturelle des choses, – et qui crie (je le sens de plus en plus vivement) vers et pour un nouveau Dieu. En regardant ces extraordinaires produits de la « Noosphère », je n’ai pu m’empêcher de songer que demain, sans doute, ce sont des moyens de cet ordre qu’emploiera, pour contrôler la Vie, la nouvelle Biologie. Et c’est sans doute en prolongement du même mouvement de refonte et de repensée générale du Monde par sa base que se constituera, enfin, une science de le l’Homme moins ridicule que celle dont on nous abreuve en ce moment. [...]
Et bien affectueusement vôtre.
Teilhard

Pierre LEROY - Lettres familières de Pierre Teilhard de Chardin, mon ami, 1948-1955, Le Centurion, 1976, p. 151 et 152.

Extrait  proposé par Jean-Marie L’Honen.

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